Daily - ChroniKathttp://journal.katrynou.fr/Daily shared linksen-enhttp://journal.katrynou.fr/ ChroniKat - Sunday 29 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201129 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201129 Sun, 29 Nov 2020 00:00:00 +0100 Les conteurs d'histoires Sun Nov 29 19:53:51 2020 - généalogie généalogiste tribu écrire
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***Nous sommes les élus. Dans chaque famille, il en est un qui semble appelé à retrouver les ancêtres, à redonner de la matière à ces fantômes et à les faire revivre, à raconter l'histoire de la famille et à sentir que d'une certaine manière, ils le savent et approuvent.***

Pour moi, faire de la généalogie n'est pas une froide collecte de faits, plutôt une renaissance de tous ceux qui nous ont précédés.

>Nous sommes les narrateurs de la tribu. Toutes les tribus en ont un.

Nous avons été appelés par nos gènes. Ceux qui nous ont précédés nous en conjurent : racontez notre histoire. C'est ce que nous faisons. En les retrouvant, nous nous retrouvons nous-mêmes, en quelque sorte.

Cela va au-delà du simple exposé de faits. Il s'agit de savoir qui je suis et pourquoi je fais les choses que je fais. Je suis fière de ce que nos ancêtres ont pu accomplir, de leur contribution à ce que nous sommes aujourd'hui. Écrire leur histoire, c'est respecter leurs épreuves et leurs peines, leur résistance et leur constance, leur détermination à continuer et à construire une vie pour leur famille.

J'écris aussi leur histoire parce que j'ai compris qu'ils l'avaient fait pour nous. Pour que nous puissions naître tels que nous sommes. Et que nous puissions nous souvenir d'eux.

Et c'est ce que nous faisons. Avec respect et bienveillance, en décrivant chaque pas de leur existence, parce que nous sommes eux et qu'ils sont nous. Ainsi, comme un scribe que l'on convoque, je raconte l'histoire de ma famille. C'est maintenant à l'élu de la génération suivante de répondre à l'appel et de prendre sa place dans la longue lignée des conteurs de famille.

Voilà pourquoi je fais de la généalogie, et voilà ce qui incite les jeunes, et les moins jeunes, à s'engager et à redonner vie à ceux qui nous ont précédés.

*Librement traduit et inspiré d'un poème en prose anglaise aux origines obscures, souvent cité sur les sites de généalogie anglophones, mais généralement attribué à Della M. Cummings Wright*


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ChroniKat - Saturday 28 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201128 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201128 Sat, 28 Nov 2020 00:00:00 +0100 La sororité des Bene Gesserit dans Dune est-elle une revanche des « sorcières » ? Sat Nov 28 19:45:39 2020 - Dune
https://www.numerama.com/pop-culture/671966-la-sororite-des-bene-gesserit-dans-dune-est-elle-une-revanche-des-sorcieres.html#utm_medium=distibuted&utm_source=rss&utm_campaign=671966


***Dans cet article issu du mook Dune, dont Numerama est partenaire, Catherine Dufour décrypte l’ordre du Bene Gesserit par le prisme du féminisme. Les femmes de cette sororité fictive sont-elles des « sorcières » au sens mis en avant par Mona Chollet ?***

Dune a mis en scène la plus puissante et la plus agaçante sororité de l’histoire de la littérature : l’ordre du Bene Gesserit. Revoyons tout d’abord quelques fondamentaux. Le nom même du Bene Gesserit vient du latin et signifie peu ou prou : « bien se comporter ». L’ordre a été fondé par une femme de la Maison Atréides (ce que nous apprennent les préquelles écrites par Brian Herbert et Kevin J. Anderson), famille régnante dont est issu le principal protagoniste du cycle : Paul, connu plus tard sous le nom de Muad’Dib ; le Héros.

Chaque membre du Bene Gesserit s’entraîne corps et âme pendant des années pour parfaire un éventail de compétences à la fois physiques et psychiques : art du combat, concentration, mémoire, habileté sexuelle et aptitudes sensorielles qui leur aiguisent les cinq sens jusqu’à développer un sens de l’observation digne de Sherlock Holmes. Elles excellent également dans l’art de l’éloquence et maîtrisent ce qu’elles nomment « la Voix », grâce à laquelle elles subjuguent leurs interlocuteurs.

Enfin, les Bene Gesserit ont un contrôle de leur métabolisme tel qu’elles peuvent se soigner elles-mêmes, détecter les poisons qu’on glisse dans leur soupe et décider de leur fertilité, voire du sexe de leur progéniture. Ces capacités, jointes à un profond esprit de corps et au noyautage systématique des familles dirigeantes, permettent à l’ordre d’exercer un pouvoir politique majeur au sein de l’Imperium, mais un pouvoir qui demeure dans l’ombre, parce qu’il est mis au service de buts internes aussi grandioses qu’obscurs.

Fatalement, des compétences si étonnantes qu’elles côtoient la magie valent à ces femmes d’être qualifiées de sorcières, surtout par leurs ennemis.

###Propagatrices de « fake news » religieuses

Les membres du Bene Gesserit sont, dans l’ordre hiérarchique : les Postulantes, les Acolytes, et enfin les Sœurs. Les dirigeantes, elles, sont appelées Révérendes Mères, qui désignent l’une d’entre elles pour être la patronne de l’ordre : la Mère supérieure. Ne se croirait-on pas dans un couvent ? Ou un pensionnat catholique. À l’instar de leurs consœurs chrétiennes, les sœurs du Bene Gesserit ont choisi, pour façade sociale, l’enseignement. Les familles des Grandes Maisons y ont toutes recours pour leurs filles.

Une fois formées, ces jeunes filles de haute naissance deviennent épouses ou concubines dans d’autres familles régnantes, propageant les desseins du Bene Gesserit dans tout l’Imperium. Mais le Bene Gesserit n’agit pas qu’au niveau individuel : il intervient aussi au niveau macro, par exemple en lançant des « fake news » religieuses, des corpus de légendes destinées à influencer des groupes sociaux précis pour réaliser la fameuse Missionaria Protectiva.

Cependant – spoiler –, le Bene Gesserit échouera dans son plus grand projet, qui est aussi le plus secret : la création d’un Kwisatz Haderach, homme supérieur obtenu par sélection génétique. Planifié de longue date par les Révérendes Mères, le Kwisatz Haderach naîtra hors de leur programme, et restera toujours hors de leur contrôle. Son arrivée inopinée une génération plus tôt que prévu représente le point de départ de la saga Dune. La raison ? L’amour que Dame Jessica voue à son mari Léto Atréides la pousse à donner naissance à un fils plutôt qu’à une fille. Quand l’amour d’une femme pour un homme met en échec les plans machiavéliques des femmes, faut-il y voir un triomphe de la liberté individuelle sur l’oppression politique, ou autre chose un peu moins progressiste ?

Le terme « sorcière », que les ennemis du Bene Gesserit utilisent comme un anathème, a connu depuis une sévère revalorisation, notamment par la voix de Mona Chollet, auteure en 2018 du cultissime Sorcières : la puissance invaincue des femmes. Qu’en dit-elle ? « Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière. » Sur ce plan, pas de doute, les Bene Gesserit, avec leur sens de l’observation et de l’introspection, sont des sorcières. Mais sur d’autres, carrément moins.

>    L’ordre se positionne davantage comme un outil de domination que comme un facteur de libération

Pour Mona Chollet, « la sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations ». Or l’ordre se positionne davantage comme un outil de domination que comme un facteur de libération. Les membres du Bene Gesserit doivent obéir, et l’injonction majeure consiste à se mettre en couple avec un homme haut placé puis à enfanter judicieusement. Là où la journaliste féministe américaine Gloria Steinem affirme qu’elle refuse de se marier parce qu’elle « n’arrive pas à [s]’accoupler en captivité », Dame Jessica gémit interminablement de n’être que la concubine du Duc Léto.

Ainsi, le jour où arrive la Princesse Irulan, vouée pour des raisons politiques à épouser son fils Paul, Jessica glisse à Chani, l’amante de Paul : « Vois donc cette princesse, là-bas, si hautaine, si confiante. On dit qu’elle a des prétentions littéraires. Espérons que cela remplit son existence car elle n’aura que peu de choses en dehors. […] Pense à cela, Chani, pense à cette princesse qui portera le nom mais qui sera moins qu’une concubine, qui ne connaîtra jamais un instant de tendresse avec l’homme auquel elle est liée. Alors que nous, Chani, nous que l’on nomme concubines… l’Histoire nous appellera : épouses. » Bonjour la sororité.

###Un orgueil luciférien

Autre zone d’ombre : le Bene Gesserit ne s’intéresse guère aux arpètes, aux mal-nées, bref, aux sans-dents. Fasciné par la haute société, l’ordre est un concentré de ce que nous, en 2020, appelons les « white fem’ » – cette branche vieillotte du féminisme qui ne se préoccupe que des soucis des femmes privilégiées en occultant les combats des autres. Heureusement, les Bene Gesserit ont une qualité immense : leur orgueil luciférien. Enfin des femmes qui ne sont pas accablées par le « syndrome de l’imposteure ». Les sorcières de Frank Herbert se considèrent ni plus ni moinscomme « les bergères de l’humanité ». Ce n’est pas très démocratique mais, s’agissant d’une communauté féminine, c’est féministe.

>    Jamais le Bene Gesserit n’a l’idée de sortir de l’ombre, ni de réclamer le pouvoir pour ses membres : pour les femmes. L’agacement nous submerge.

Ici, pas d’humilité, pas de mignonitude, pas d’effacement. Les Bene Gesserit veulent le pouvoir, elles le prennent et elles le gardent. Hélas, ce n’est que pour l’offrir au Kwisatz Haderach, cet homme supérieur qui est, eh bien, un homme. Jamais le Bene Gesserit n’a l’idée de sortir de l’ombre, ni de réclamer le pouvoir pour ses membres : pour les femmes. L’agacement nous submerge.

Mais cessons de bouder notre plaisir. Comme le dit judicieusement Étienne Augé dans son article « Cinquante ans après sa sortie, il est temps de (re) lire Dune » : « Il faut surtout se concentrer sur la formidable analyse de la religion que Herbert fournit, notamment avec la Missionaria Protectiva, le bras armé du Bene Gesserit, chargé d’implanter des superstitions qui se transformeront en prophéties autoréalisatrices. Herbert démontre comment la religion peut être exploitée à des fins politiques […]. La science-fiction possède cette capacité de faire réfléchir en avertissant des dangers qui menacent notre monde à court et long terme. »


Brian Herbert : « Dune est avant tout un grand livre écologiste »

Sat Nov 28 19:43:06 2020 - Dune
https://www.numerama.com/pop-culture/668954-brian-herbert-dune-est-avant-tout-un-grand-livre-ecologiste.html


***Partenaire du mook Dune, publié en librairies chez L'Atalante et Leha, Numerama vous livre un extrait en avant-première de l'entretien avec Brian Hebert et un avant-goût exclusif de celui avec Denis Villeneuve.***

Œuvre littéraire culte signée Frank Herbert, Dune est en cours d’adaptation au cinéma par la réalisateur Denis Villeneuve. On retrouvera Timothée Chalamet dans le rôle de Paul Atréides ou encore Zendaya dans le rôle de Chani. En raison de la pandémie, Warner a décidé de décaler le film, initialement programmé pour décembre 2020.

Il n’en reste pas moins que la production de l’adaptation a remis un coup de projecteur sur l’univers monumental de Frank Herbert. Il fallait donc un mook tout aussi massif pour en aborder l’étendue. C’est ainsi qu’est né le mook Dune, imaginé par le journaliste Lloyd Chéry (C’est plus que de la SF), et dont Numerama est partenaire depuis le crowdfunding. Au fil de 256 pages, des figures littéraires, des scientifiques et des journalistes se relaient pour décrypter toutes les branches et toute la complexité de Dune.

On y retrouve également des entretiens rares, avec Denis Villeneuve, seule interview qu’il ait accordé à un journaliste français pour l’instant sur ce film, mais aussi avec Brian Herbert, fils de Frank Herbert, qui perpétue l’œuvre de son père. « Il était important d’avoir Brian Herbert avec nous. Sa présence légitime notre projet car Brian est le garant du Frank Herbert’s estate. Son accord a été nécessaire pour avoir le soutien de Warner Bros. Il connaît mieux que tout le monde la saga et nous voulions mettre en avant tous ceux qui avaient travaillé sur Dune », nous explique Lloyd.
L’écologie dans Dune : « J’y vois une porte d’espoir pour notre futur », explique Denis Villeneuve

À la veille de la sortie du mook en librairies, Numerama vous partage un extrait exclusif de cet entretien avec l’héritier de Frank Herbert. « Je souhaitais l’interroger sur la face sombre de son père, qu’il décrit lui-même dans sa biographie et qu’il tempère finalement dans notre interview », précise Lloyd. On retrouve aussi, dans cette interview, un lien tout sauf anodin avec celle de Denis Villeneuve : la portée environnementale de l’œuvre.

Le réalisateur confie, dans le mook, une partie de son approche pour son film à venir : l’écologie. Pour Villeneuve, Frank Herbert aborde cet aspect à la fois avec une « précision toute scientifique » et en tant que « source d’inspiration d’une spiritualité ». Puisque Dune imagine un peuple ayant une « relation sacrée très sophistiquée » avec son environnement, « c’est donc par un rapport sacré au monde naturel que j’aborde l’écologie dans le film. J’y vois une porte d’espoir pour notre futur », raconte-t-il à Lloyd Chéry. Nous vous parlions aussi de cet aspect écologique en décryptant les premières images du film. En définitive, Dune n’a peut-être jamais été autant actuel.
L’entretien avec Brian Herbert : extrait

###Lloyd Chéry : Racontez-nous la toute première fois que vous avez entendu parler de Dune à la maison ?

Brian Herbert : C’était en 1962. Nous vivions dans un quartier pauvre de San Francisco. Mon père travaillait depuis quelques années sur ce projet. Il était assis dans la salle à manger de l’appartement à côté de ma mère Beverly. Il lui narrait la scène du gom jabbar. À l’époque, c’était elle qui faisait vivre la famille. Elle a été un soutien de tous les instants pour mon père. Elle avait elle aussi des talents d’écriture et elle relisait tous ses romans.

###L.C.  : Justement, on oublie souvent le rôle de votre mère Beverly. Avez-vous des anecdotes concernant des choix narratifs ou des conseils qu’elle aurait prodigués à Frank Herbert ?

B.H. : Bien sûr ! C’est même elle qui a trouvé le titre « Dune ». Elle conseillait mon père sur la psychologie féminine de ses personnages en lui disant : « Une femme ne pense pas comme ça » (rire). Elle était incroyable. Un jour que mon père était interviewé par Jim French, un animateur de radio de Seattle assez connu, au début des années 1980, le producteur de l’émission lui a dit avant que l’interview commence : « Ne pose pas de questions stupides et interroge-le plutôt sur l’importance de Beverly dans son œuvre. » Ce qu’il fit, pour le plus grand plaisir de mon père. Il ne s’était pas trompé, ma mère a été extrêmement importante pour la création de l’univers de Dune.

>    « Mon père aimait analyser l’être humain »

###L.C. : Votre biographie fait allusion au côté sombre de la personnalité de votre père. Aviez-vous l’intention de le dépeindre tel qu’il était vraiment – une personne ordinaire avec ses qualités et ses défauts ?

B.H. : Il n’avait pas de côté sombre, il était humain. Il ne faut pas oublier qu’il a eu une enfance et une relation compliquée avec ses propres parents. La discipline que son père policier instaurait à la maison était dure et ce ne fut pas toujours rose. Il a été enfant dans les années 1930, pendant la Grande Dépression. Je crois qu’il a fait sincèrement ce qu’il pouvait. Nous sommes des produits de notre époque. Je lui ai pardonné pour tout qui ne s’était pas bien passé. Si on regarde dans son intégralité sa bibliographie, mon père aimait analyser l’être humain.

###L.C. : Comment expliquez-vous que Dune reste aussi iconique et inoubliable ?

B.H. : Le roman a su capter son époque dans les années 1960 avec l’épice. Il a d’abord séduit les étudiants des campus américains. Mais Dune est avant tout un grand livre écologiste qui parle de la raréfaction des ressources, dont l’eau. C’est aussi un formidable roman d’aventures centré sur Paul Atréides et son chemin initiatique, qui suit très fidèlement le parcours imaginé par Joseph Campbell. On peut tout autant lire Dune pour ce qu’il dit sur la politique et sur la religion. Enfin, Dune ne cesse d’évoquer la cause des femmes et comment elles finissent par diriger l’univers. C’est pour toutes ces raisons que ce roman restera un classique.


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ChroniKat - Friday 27 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201127 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201127 Fri, 27 Nov 2020 00:00:00 +0100 Les chasseurs de grêle, ces hommes qui font la pluie et le beau temps Fri Nov 27 13:41:51 2020 - météo pluie nature
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/les-chasseurs-de-grele-ces-hommes-qui-font-la-pluie-et-le-beau-temps-7800930017


***Dans la presse ce matin, il y a des hommes qui font la pluie et le beau temps et on ne pensait pas lire ça dans Philosophie Magazine, qui nous raconte une scène observée plusieurs fois en Saône-et-Loire. Après des semaines de sécheresse, des nuages sombres s'amassent enfin dans le ciel. Le vent se lève, les oiseaux se taisent, c'est sûr, ça va craquer. Et puis d'un coup, comme par magie, les cumulonimbus se désagrègent, la lumière revient.***

Il n'est pas tombé une goutte. L'orage était là, et c'est comme s'il avait été aspiré. Parlez-en aux éleveurs, ils vous disent: "Ben oui, avec tout l'iodure d'argent qu'ils balancent dans l'atmosphère, il ne pleut plus. Moi je n'ai plus de fourrage". De l'iodure d'argent? "Bah oui", dit l'éleveur, "à cause de leurs générateurs. Bien sûr qu'en France on bricole la météo ! C'est officiel, tapez ANELFA sur Google, vous verrez".

De fait, il existe bien une Association nationale d'étude et de lutte contre les fléaux atmosphériques. L'ANELFA, fondée en 1951 par des agriculteurs, des agronomes, des physiciens et des élus. Leur objectif : réduire les dégâts causés par la grêle et éliminer les orages. Aujourd'hui, on compte plus de 800 stations anti-grêle dans toute la France, surtout dans les régions viticoles. Ceux qui paient sont ceux qui en ont besoin, les chambres d'agriculture, les assureurs, et aussi les communes et les départements.

Pour tuer la grêle, il faut donc envoyer dans l'atmosphère de l'iodure d'argent, ce qui casse le processus de formation des grêlons. C'est ce qu'on appelle l'ensemencement des nuages. Le sorcier des cumulonimbus s'appelle Jean Dessens, physicien de l'atmosphère à Toulouse, comme son père qui a fondé l'Anelfa. Il est formel, l'iodure d'argent, c'est cher. Donc on l'utilise en petite quantité, et donc ce n'est pas toxique.

Certains scientifiques restent sceptiques, comme Jean Grizard, retraité de l'Institut National de la Recherche Agronomique. Pour lui, il y a forcément des retombées qui contaminent l'air et les écosystèmes. Et même une dégradation des particules qui deviennent alors aussi dangereuses que le mercure. Il faudrait des études indépendantes, mais vu les quantités utilisées, elles ne sont pas obligatoires.

L'autre débat, c'est la sécheresse, éloigner la pluie quand on se désole de la sécheresse et du réchauffement climatique, est-ce bien raisonnable ? Accusation injustifiée, assure Jean Dessens. On ne diminue que de 1% la masse d'eau présente dans les nuages". Réponse de Jean Grizard: "Les agriculteurs sont d'excellents observateurs de la nature, on devrait les écouter".

###Moins de grêle donc moins d'eau

Michel est éleveur, il fait des relevés de pluviométrie depuis des années. "Depuis que les générateurs fonctionnent, dit-il, les mois d'été, on est passé de 350 à 200 litres par mètre carré, pour nous, c'est désastreux". Michel a été démarché il y a trois ans par un vigneron et un technicien de l'Anelfa. "On s'était seulement parlé. Quelques jours plus tard, un camion arrive dans ma cour avec un sigle 'produits dangereux'. Il voulait m'en laisser 200 litres. Le chauffeur m'a expliqué que c'était juste très inflammable. Là j'ai tiqué. On a essayé de me forcer la main. Ils m'ont envoyé ces produits sans contrat, sans garantie". Sans compensation, aussi. "C'est du bénévolat", dit Michel, "ils m'ont seulement promis que j'aurai un repas annuel et une caisse de vin".

Autre son de cloche avec Serge, pépiniériste dans le Lot et Garonne. Un département qui a perdu plusieurs récoltes avant de se tourner vers les générateurs de l'Anelfa.. "Il y a entre 10 et 15 alertes par an", dit-il, "mais depuis six ans, nous n'avons plus perdu de raisin, les générateurs ont été hyper efficaces. Pour un coût dérisoire, 50 centimes par hectare. Les viticulteurs sont contents, les automobilistes aussi". Pour la sécheresse, ils se sont organisés, ils ont créé des retenues d'eau et des lacs. "On peut tenir toute la saison avec nos pompes, on ne dépend pas des nuages".

Et c'est là que le problème devient politique, et même philosophique. Est-ce qu'on peut changer le temps qu'il fait juste parce que ça nous arrange ? À qui appartient le ciel ? Pour la réponse, rendez-vous donc dans Philosophie Magazine.


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ChroniKat - Wednesday 25 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201125 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201125 Wed, 25 Nov 2020 00:00:00 +0100 Pour un logiciel de correspondance plutôt qu’un client mail | ploum.net Wed Nov 25 22:59:40 2020 - écrire mail correspondance
https://ploum.net/pour-un-logiciel-de-correspondance-plutot-quun-client-mail/


Plaidoyer en faveur d’un logiciel de relations épistolaires électroniques, échanges sacrifiés au culte de l’instantanéité.

J’aime l’email. Je ne me lasse pas de m’émerveiller sur la beauté de ce système qui nous permet d’échanger par écrit, de manière décentralisée. D’entretenir des relations épistolaires dématérialisées à l’abri des regards (si l’on choisit bien son fournisseur). Je l’ai déjà dit et le redis.

Pourtant, l’indispensable email est régulièrement regardé de haut. Personne n’aime l’email. Il est technique, laborieux. Il est encombré de messages. Alors toute nouvelle plateforme nous attire, nous donne l’impression de pouvoir communiquer plus simplement qu’avec l’email.

Beaucoup trop d’utilisateurs sont noyés dans leurs emails. Ils postposent une réponse avant que celle-ci ne soit noyée dans un flux incessant de sollicitation. Entrainant, effet pervers, une insistance de l’expéditeur.

Désabusé, la tentation est grande de se tourner vers cette nouvelle plateforme aguichante. Tout semble plus simple. Il y’a moins de messages, ils sont plus clairs. La raison est toute simple : la plateforme est nouvelle, les échanges entre les utilisateurs sont peu nombreux. Dès le moment où cette plateforme sera devenue particulièrement populaire, votre boîte à messages se retrouvera noyée tout comme votre boîte à email. Tout au plus certaines plateformes s’évertuent à transformer vos boîtes en flux, de manière à vous retirer de la culpabilité, mais entrainant une perte d’informations encore plus importante.

C’est pour cela que l’email est magnifique. Après des décennies, il est toujours aussi utile, aussi indispensable. Nous pouvons imaginer un futur sans Google, un futur sans Facebook. Mais un futur sans email ?

L’email pourrait être merveilleux. Mais aucun client mail ne donne envie d’écrire des mails.

Je rêve d’un client mail qui serait un véritable logiciel d’écriture. Pas d’options et de fioriture. Pas de code HTML. Écrire un email comme on écrit une lettre. En mettant l’adresse du destinataire en dernier, comme on le fait pour une enveloppe.

Un logiciel d’écriture d’email qui nous aiderait à retrouver un contact avec sa correspondance plutôt qu’à permettre l’accomplissement d’une tâche mécanique. Un logiciel qui nous encouragerait à nous désabonner de tout ce qui n’est pas sollicité, qui marquerait des mails les correspondances en attente d’une réponse. Qui nous encouragerait à archiver un mail où à le marquer comme nécessitant une action plutôt qu’à le laisser moisir dans notre boîte aux lettres.

Bref, je rêve d’un client mail qui me redonne le plaisir d’interagir avec des personnes, pas avec des fils de discussions ou des onomatopées.

D’un autre côté, j’abhorre ces tentatives de classement automatique qui fleurissent, par exemple sur Gmail. Outre qu’elles augmentent le pouvoir de ces algorithmes, elles ne font que cacher le problème sans tenter d’y remédier. Si les mails doivent être triés comme « promotions » ou « notifications », c’est la plupart du temps que je n’avais pas besoin de les voir en premier lieu. Que ces emails n’auraient jamais dû être envoyés.

Enfin, un véritable logiciel de correspondance devrait abandonner cette notion de notification et de temps réel. Une fois par jour, comme le passage du facteur, les courriels seraient relevés, m’indiquant clairement mes interactions pour la journée.

De même, mes mails rédigés ne seraient pas envoyés avant une heure fixe du soir, me permettant de les modifier, de les corriger. Mieux, je devrais être forcé de passer en revue ce que ‘envoie, comme si je me rendais au bureau de poste.

En poussant le bouchon un peu plus loin, les mails envoyés pourraient prendre une durée aléatoire pour être remis. Un lecteur de mon blog a même imaginé que cette durée soit proportionnelle à la distance, comme si le courriel était remis à pied, à cheval ou en bateau.

Car l’immédiateté nous condamne à la solitude. Si un mail est envoyé, une réponse reçue instantanément, l’ubiquité du smartphone nous oblige presque à répondre immédiatement. Cela même au milieu d’un magasin ou d’une activité, sous peine d’oublier et de penser paraitre grossier.

La réponse à la réponse sera elle aussi immédiate et la conversation s’achèvera, les protagonistes comprenant que ce ping-pong en temps réel ne peut pas durer plus de quelques mots.

Paradoxalement, en créant l’email, nous avons détruit une fonctionnalité majeure des relations épistolaires : la possibilité pour chacune des parties de répondre quand l’envie lui prend et quand elle est disponible.

Jusqu’au 20e siècle, personne ne s’étonnait de ne pas recevoir de réponse à sa lettre pendant plusieurs jours voire pendant des semaines. Écrire une lettre de relance était donc un investissement en soi : il fallait se souvenir, garder l’envie et prendre le temps de le faire.

Cette temporisation a permis une explosion de la créativité et de la connaissance. De grands pans de l’histoire nous sont accessibles grâce aux relations épistolaires de l’époque. De nombreuses idées ont germé lors d’échanges de lettres. Pouvez-vous imaginer le 21e siècle vu par les yeux des historiens du futur à travers nos emails ?

Une lettre était lue, relue. Elle plantait une graine chez le destinataire qui méditait avant de prendre sa plume, parfois après plusieurs brouillons, pour rédiger une réponse.

Une réponse qui n’était pas paragraphe par paragraphe, mais bien une lettre à part entière. Une réponse rédigée en partant du principe que le lecteur ne se souvenait plus nécessairement des détails de la lettre initiale. Aujourd’hui, l’email nous sert à essentiellement à « organiser un call » pour discuter d’un sujet sur lequel personne n’a pris le temps de réfléchir.

Des parties d’échecs historiques se sont déroulées sur plusieurs années par lettres interposées. Pourrait-on imaginer la même chose avec l’email ? Difficilement. Les échecs se jouent désormais majoritairement en ligne en temps réel.

Pourtant, le protocole le permet. Il s’agit simplement d’un choix des concepteurs de logiciel d’avoir voulu mettre l’accent sur la rapidité, l’immédiateté, l’efficacité et la quantité.

Il ne faudrait pas grand-chose pour remettre au centre des échanges écrits la qualité dont nous avons cruellement besoin.

Nous utilisons le mail pour nous déresponsabiliser. Il y’a une action à faire, mais en répondant à l’email, je passe la patate chaude à quelqu’un d’autre. Répondre le plus rapidement, si possible avec une question, pour déférer le moment où quelqu’un devra prendre une décision. Tout cela au milieu d’un invraisemblable bruit publicitaire robotisé. Nous n’échangeons plus avec des humains, nous sommes noyés par le bruit des robots tout en tentant d’échanger avec des agents administratifs anonymes. Nous n’avons plus le temps de lire ni d’écrire, mais nous croyons avoir la pertinence de prendre des décisions rapides. Nous confondons, avec des conséquences dramatiques, efficience et rapidité.

Pour l’interaction humaine, nous nous sommes alors rabattus sur les chats. Leur format nous faisait penser à une conversation, leur conception nous empêche de gérer autrement qu’en répondant immédiatement.

Ce faisant, nous avons implicitement réduit l’interaction humaine à un échange court, bref, immédiat. Une brièveté et une rapidité émotive qui nous pousse à agrémenter chaque information d’un succédané d’émotion : l’émoji.

Nous en oublions la possibilité d’avoir des échanges lents, profonds, réfléchis.

Parfois, je rêve d’abandonner les clients mails et les messageries pour un véritable client de correspondances. De sortir de l’immédiateté du chat et de la froideur administrative du mail pour retrouver le plaisir des relations épistolaires.


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ChroniKat - Monday 23 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201123 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201123 Mon, 23 Nov 2020 00:00:00 +0100 OpenStreetMap is Having a Moment. The Billion Dollar Dataset Next Door | by Joe Morrison | Nov, 2020 | Medium Mon Nov 23 10:22:55 2020 - OSM maps Google
https://joemorrison.medium.com/openstreetmap-is-having-a-moment-dcc7eef1bb01


***OpenStreetMap (OSM) est maintenant au centre d’une alliance contre nature des plus grandes et des plus riches entreprises technologiques au monde. Les sociétés les plus importantes au monde considèrent OSM comme une infrastructure critique pour certains des logiciels les plus utilisés jamais écrits. Les quatre sociétés du cercle restreint, Facebook, Apple, Amazon et Microsoft, se retrouvent maintenant à investir et à collaborer avec OSM à une échelle sans précédent.***

The first time I spoke with Jennings Anderson, I couldn’t believe what he was telling me. I mean that genuinely — I did not believe him. He was a little incredulous about it himself. I felt like he was sharing an important secret with me that the world didn’t yet know.
If I write it here, I probably wrote it first on Twitter.

The open secret Jennings filled me in on is that OpenStreetMap (OSM) is now at the center of an unholy alliance of the world’s largest and wealthiest technology companies. The most valuable companies in the world are treating OSM as critical infrastructure for some of the most-used software ever written.

The four companies in the inner circle— Facebook, Apple, Amazon, and Microsoft— have a combined market capitalization of over six trillion dollars.¹ In almost every other setting, they are mortal enemies fighting expensive digital wars of attrition. Yet they now find themselves eagerly investing in and collaborating on OSM at an unprecedented scale (more on the scale later).

What likely started as a conversation in a British pub between grad students in 2004 has spiraled out of control into an invaluable, strategic, voluntarily-maintained data asset the wealthiest companies in the world can’t afford to replicate.

###For the Uninitiated: What is OpenStreetMap?

I will admit that I used to think of OSM as little more than a virtuous hobby for over-educated Europeans living abroad — a cutesy internet collectivist experiment somewhere on the spectrum between eBird and Linux. It’s most commonly summarized with a variant of this analogy:

>OSM is to an atlas as Wikipedia is to an encyclopedia.

OSM acolytes hate this comparison in the much same way baseball players resent when people describe the sport as “cricket for fat people.” While vaguely truthful, it doesn’t quite get to the spirit of the thing.

OSM is incomparable. Over 1.5M individuals have contributed data to it. It averages 4.5M changes per day.

You can think of OSM in several ways:

*    A distributed community of mappers contributing information about the geography of the world to a common repository
*    A free web map hosted at https://www.openstreetmap.org/
*    A loosely affiliated collection of free and open source tools for mapping the world
*    A real-time stream of instructions representing how to add, change, or remove cartographically projected geometries and associated metadata based on a prior state
*    …Google Maps, but openly licensed

It’s hard to get people to agree on what exactly OSM is, but almost everyone agrees on one thing: it’s extraordinarily valuable and important.

###What Jennings Told Me about OSM

For those paying attention, none of what I outline below will be news. However — outside of a relatively small cluster of weirdos who pay attention to trends in geospatial technology— almost no one seems to be paying attention.

That’s mostly because so few people have even heard of OpenStreetMap, despite the fact that hundreds of millions of people rely on it during any given month. If you’ve ever opened Snap Maps or Apple Maps or Bing Maps or even just peeked at the dash of your obnoxious neighbor’s new Tesla…you’ve used OSM.

In May of 2019, Jennings co-authored a paper with Dipto Sarkar and Leysia Palen titled, Corporate Editors in the Evolving Landscape of OpenStreetMap. If you prefer the research in presentation form, this talk is a fabulous summary of their findings:
Dr. Anderson’s talk at State of the Map 2019, “Corporate Editors in the Evolving Landscape of OpenStreetMap: A Close Investigation of the Impact to the Map & Community.”

In that talk, Jennings outlines the findings presented in his research. Not only was there already significant corporate investment happening in OSM in 2018, but in many cases corporate editors were responsible for the majority of edits in the specific geographies they were focused on. For instance:

>    For areas where corporate teams are active, on average, the non-corporate editors are now responsible for less than 25% of total road editing activity, which is down from closer to 70% in 2017.

Jennings noted, importantly, that as of 2018 non-corporate editors were still responsible for the majority of activity on OSM (about 70% of all edits) and were significantly more active on edits to buildings, places of interest, and amenities.

In a more recent talk from State of the Map in July 2020, Jennings presented updated figures showing that the torrent of corporate contributions only increased from 2018 to 2019 and beyond with Amazon and Apple trending along the steepest slope.

Seriously, watch the entire talk, it’s amazing: Curious Cases of Corporations in OpenStreetMap

Also interesting to note is Mapbox’s apparent decision to stop investing significantly into direct OSM edits and contributions. Apple was responsible for more edits in 2019 than Mapbox accounted for in its entire corporate history…I don’t have a good explanation for that. I wonder if they decided their effort could be more highly leveraged on core web mapping technology rather than manual digitization.

###The Clash of Cultures Happening in OSM

I’m in no position to comment on most of the things I write about. But in this instance, I’m particularly unqualified — OSM has amassed a long-lived, fantastically diverse, and inherently fragmented community. I’ve never even commented in one of the forums.

But one thing that is clear even to a casual observer like me: one of the consequences of increased corporate involvement in OSM is a significant backlash from members within the OSM community that feel the community (and data) is being irreversibly adulterated by these profiteering intruders.

At the last OSM annual conference Frederik Ramm, a prominent and quite thoughtful OSM community member, summarized the attitude toward corporate contributors this way:

>    “[…] none of these companies is essential to OpenStreetMap. They are contributors, but OpenStreetMap could work perfectly well without them […] the mainstay of OpenStreetMap is the millions of hobbyists, individuals that contribute to OpenStreetMap.

A vocal minority of voluntary contributors to OSM seem to have a bit of a chip on their shoulder when it comes to the suits. A consistent undercurrent that I’ve noticed is skepticism about the motivations and incentives of for-profit firms. Here’s a typical sentiment excerpted from Serge Wroclawski’s magnificently controversial blog post, Why OpenStreetMap is in Serious Trouble (published in February of 2018).

>Many of the founders of the project, as well as others, have launched commercial services around OSM. Unfortunately, this creates an incentive to keep the project small and limited in scope to map up the gap with commercial services which they can sell.

I think the playing field has changed significantly since Serge wrote those words — he was likely referring to projects like CloudMade (now defunct) and Mapbox ,which sought to offer generic map services on top of OSM’s dynamic map database (rather than enhance in-house products where mapping is ancillary to their core value proposition like it is for FAAM). He makes an interesting argument that OSM itself should be offering these services rather than letting companies piggyback on the efforts of countless volunteers while capturing all of the economic value.

###What’s Motivating These Companies?

I wrote earlier this year about the concept of “Commoditizing Your Complement,” in my explanation of why Facebook acquired Mapillary and then gave away all the data they had just purchased for free.

The concept is simple: undermine your competitors’ intellectual property advantage by collaborating with aligned entities to cheapen it with a free and openly licensed alternative.

I would wager that corporate participation in OSM is less about directly monetizing souped-up versions of OSM data provided as modern web services and more about desperately avoiding the existential conflict of having to pay Google for the privilege of accessing their proprietary map data.⁵

Whatever the motivations of these mega-corporations, they’ve succeeded in carving out a niche for themselves within the OSM community whether the hobbyists like it or not. I’d like to highlight a nuance often lost in this discussion — just exactly who are these companies hiring to add data to the map? They are often already-active, enthusiastic contributors to OSM. These are people living the open data fanatic’s dream: getting paid to do a job they find so fulfilling they would otherwise do it for free in their spare time.

There’s obviously a lot more to it than just sticking it to Google. Facebook, for instance, has ambitions of building new types of digital experiences that interplay with the real world (as evidenced by their focus on augmented reality and acquisition of novel user interface technology like CTRL-labs). Apple has added LiDAR to its new line of iPhones and iPods allowing customers to scan the 3D world in high fidelity among other exciting uses:

These firms have outgrown your office and your living room. They want to be with you literally every where you go, and constantly seduce you with entertaining and immersive experiences. The more of your attention they can monopolize, the more money they can make from selling chunks of it to advertisers and people developing software on their platforms.

Whether you like their motivations or not, the result is a desire to map the world in higher fidelity and at larger scale than even they can afford to accomplish independently. And that has, for better or worse, brought their interests into alignment with the grassroots OSM community.

###Why Does it Matter?

Well, anytime the wealthiest institutions in history are quietly collaborating on something, I think it’s worth noting. I’m not sure there is a precedent for such a collaboration — if you know of a case where otherwise embittered mega-corporations worked with a global community of volunteers on a public dataset…let me know. I’d love to learn about it.

The question on my mind is how idiosyncratic this situation really is. Does OSM represent a model for strategic corporate sponsorship of public goods moving forward? Or is it tragically inimitable?

For instance: I work for a company called Azavea that, among many noble efforts, maintains Cicero. It’s a database of elected officials and legislative districts in several countries around the world that gets updated daily. You can imagine that this should be a public good — like, doesn’t the government already have this information? Turns out…nah. Cicero requires ceaseless, grueling work to keep updated, and that means serious investment of time and money.

One of the key differences between Cicero and OSM is a community of contributors. Community is what makes OSM special. Without it, the project is “default dead,” as they say in Silicon Valley. Much like elected official information, map data goes stale fairly quickly and therefore requires constant life support.

OSM’s community seems conflicted about whether or not corporate participation is ok (let alone good) for the future of the project. And yet the community is precisely what attracts corporate contributors. OSM provides two advantages over just buying privately collected data:

* Existing data is free and growing apace

* Proprietary data contributed to OSM may be expanded upon and/or maintained at no additional expense by the community

Some may squirm at the idea that their contributions to OSM help FAAM…after all, do they really need the help? But what’s beautiful is that FAAM is contributing (rather than passively mooching) because of the compounding value of having any/all data make it into the community’s growing number of hands.

I’m kind of shocked to be saying it, but somehow — almost inexplicably — the goals of the OSM community and corporate contributors seem to be largely aligned. They all want an accurate, ubiquitous map of the world that can be maintained in perpetuity as sustainably as possible.

It’s the opposite of the Tragedy of the Commons — all of the private property holders, acting in their own self interest, are enriching the common resource rather than depleting it.contributors account for ~90% of the edits to OSM. This roughly adheres to something called the 1% rule of online communities which states that, “1% of Internet users are responsible for creating content, while 99% are merely consumers of that content.”

*Written by Joe Morrison*


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ChroniKat - Sunday 22 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201122 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201122 Sun, 22 Nov 2020 00:00:00 +0100 Six bonnes raisons de ne plus utiliser Google Maps Sun Nov 22 23:31:04 2020 - Google-Maps Maps géolocalisation vie-privée GPS
https://www.vice.com/fr/article/3an84b/six-bonnes-raisons-de-ne-plus-utiliser-google-maps


***Google sait où vous êtes, les annonceurs aussi.***

Avec un milliard d'utilisateurs actifs par mois, Google Maps sait tout. Non seulement les noms de toutes les rues, cafés, bars et magasins, mais aussi les endroits où les gens se rendent. Mais s’il a le pouvoir de suivre chacun de nos pas, cela ne veut pas forcément dire qu'il abuse de ce pouvoir. Mais il pourrait le faire s’il le voulait, ce qui est un problème en soi, d'autant plus que le siège de Google se trouve aux États-Unis, où la législation sur la vie privée est moins stricte qu'en Europe et où les agences de renseignement ont l'habitude de surveiller les particuliers (on vous voit, la NSA).

Oui, Google Maps est incroyablement utile. Mais voici quelques raisons qui vous inciteront à vérifier vos paramètres de confidentialité et à vous demander quelle quantité de données personnelles vous êtes prêt à sacrifier au nom de la commodité.

###Google Maps veut accéder à l'historique de vos recherches

Dans les paramètres, il est dit que l’option « Activité sur le Web et les applications » permet à l’utilisateur de bénéficier d’une expérience plus rapide et plus personnalisée. En clair, cela signifie que chaque endroit que vous consultez dans l'application – qu'il s'agisse d'un club de strip-tease, d'un kebab ou de la localisation de votre dealer – est enregistré et intégré dans l'algorithme du moteur de recherche de Google pendant une période de 18 mois.

Google sait bien que tout cela est un peu flippant. C'est pourquoi l'entreprise utilise des dark patterns, c'est-à-dire des interfaces utilisateur conçues pour nous tromper ou nous manipuler, par exemple en mettant en évidence une option avec certaines polices ou des couleurs plus vives.

Nous avons donc créé un nouveau compte Google pour tenter de repérer ces dark patterns. Après avoir cliqué sur « Créer un compte », une fenêtre pop-up nous indique que le compte est « configuré pour inclure des fonctions de personnalisation » en petites lettres grises. En cliquant sur « Confirmer », nous acceptons d’activer l’option « Activité sur le Web et les applications » mentionnée ci-dessus. L’autre bouton, « Plus d'options », est moins visible et redirige vers une nouvelle page avec des explications denses et compliquées. Nous devons désactiver l’option manuellement.

###Google Maps limite ses fonctionnalités si vous ne partagez pas votre historique de recherche

Si vous ouvrez l’application Google Maps, vous verrez un cercle avec votre photo de profil dans le coin supérieur droit qui indique que vous êtes connecté à votre compte Google. Ce n'est pas nécessaire, et il vous suffit de vous déconnecter. Évidemment, le bouton pour se déconnecter de votre compte est légèrement caché, mais vous pouvez le trouver comme ceci : cliquez sur le cercle > Paramètres > faites défiler vers le bas > Se déconnecter de Google Maps.

###Google Maps peut vous balancer

Autre fonctionnalité problématique : « Vos trajets Google Maps » qui « affiche une estimation des lieux que vous avez visités et des itinéraires que vous avez empruntés d’après l’historique de vos positions. » Cette fonction vous permet de consulter les informations figurant dans vos trajets, y compris les modes de transports utilisés, comme en voiture ou à vélo. L'inconvénient, bien sûr, est que tous vos déplacements sont connus de Google et de toute personne ayant accès à votre compte.

Et il n’y a pas seulement les hackers dont vous devez vous méfier ; Google peut aussi fournir vos données à des agences gouvernementales comme la police. Sur sa page FAQ à ce sujet, Google indique que son équipe juridique évalue chaque cas individuellement. Tous les six mois, l'entreprise publie un rapport de transparence, mais rien n'est disponible pour 2020. Entre juillet et décembre 2019, Google a reçu 81 785 demandes de divulgation d'informations concernant 175 715 comptes dans le monde entier et a répondu favorablement à 74 % d’entre elles.

Si votre « historique des positions » est activé, votre téléphone « indique les positions des appareils sur lesquels vous êtes connecté à votre compte ». Cette fonction est utile si vous perdez votre téléphone, mais elle en fait surtout un véritable dispositif de suivi.

###Google Maps veut connaître vos habitudes

Les avis Google peuvent être très utiles, mais une recherche rapide peut révéler des informations sensibles que les utilisateurs ont oubliées par inadvertance. Un exemple est celui d'un utilisateur (qui semble utiliser son vrai nom) qui a écrit la critique suivante sur un supermarché à Berlin : « Depuis quatre ans, j'y vais deux ou trois fois par semaine pour faire les courses pour ma famille. » Il va sans dire que le fait de partager ce type d'informations avec tout le monde peut être risqué.

Google Maps demande souvent aux utilisateurs de partager une évaluation publique rapide. « Comment était le Berlin Burger ? », demande l’application après votre dîner. Cette question a priori désinvolte et légère donne l’impression d’aider les autres, mais toutes ces informations sont stockées sur votre profil Google et toute personne qui le lira pourra facilement savoir si vous avez été quelque part pendant une courte période (par exemple en vacances) ou si vous vivez à proximité.

Si vous finissez par regretter un avis, Google vous donne au moins la possibilité de le rendre privé après l’avoir publié. Pour ce faire : Photo de profil > Modifier le profil > Profil et confidentialité > Faites défiler vers le bas > Profil limité. Si vous activez cette option, vous devrez approuver les personnes qui peuvent suivre votre profil et voir vos avis.

###Google Maps n'aime pas que vous soyez déconnecté

Vous vous souvenez de la navigation GPS ? Elle était peut-être maladroite et lente, mais il n’était pas nécessaire d'être connecté à Internet pour être dirigé. En fait, d'autres applications offrent une navigation sans connexion Internet. Dans l'application Google, vous pouvez télécharger les cartes, mais la navigation hors ligne n'est disponible que pour les voitures. Il semble assez improbable que le géant de la technologie ne soit pas en mesure de guider les piétons et les cyclistes sans Internet.

###Google donne l'impression que tout cela est pour votre bien

« La mission de Google consiste à proposer des expériences utiles et enrichissantes, pour lesquelles les données de localisation jouent un rôle essentiel », explique l'entreprise sur son site. Elle utilise ces données pour toutes sortes de choses utiles, comme la « sécurité » ou les « paramètres linguistiques ». Et, bien sûr, pour vendre des annonces. Google offre également aux annonceurs la possibilité de « mesurer le degré de notoriété de leur marque ».

Parfois, il existe de bonnes alternatives aux applications problématiques. C'est vrai pour WhatsApp, par exemple, mais pas pour Google Maps. Apple Maps a une politique de confidentialité plus stricte, mais elle n'est pas disponible pour Android. Des applications comme Here WeGo collectent aussi des données et ne sont pas aussi bonnes, mais si vous êtes un marcheur qui préfère rester hors ligne, OsmAnd et Maps.me peuvent au moins vous montrer le chemin sans passer par Internet.


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ChroniKat - Monday 16 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201116 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201116 Mon, 16 Nov 2020 00:00:00 +0100 Les passages secrets du web Mon Nov 16 17:25:21 2020 - annuaire web
https://serveur410.com/les-passages-secrets-du-web/


Les navigateurs web étaient faits pour… naviguer.

Aujourd’hui on ne navigue plus sur internet, il n’y a plus d’exploration.

On reste entre des murailles bien définis. Celles de quelques gros écosystèmes, Facebook, Google…

Naviguer le web à perdu son sens, parce qu’il n’y a plus de navigation.

Pourtant, il existe encore quelque chose en dehors de ces murailles.

Un web sauvage, naturel, appelle-le comme tu veux.

Mais ce qui est sûr c’est qu’il y a beaucoup plus à découvrir, on y trouve beaucoup plus de liberté, de créativité qu’à l’intérieur des murailles...


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ChroniKat - Wednesday 11 November 2020 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201111 http://journal.katrynou.fr/?do=daily&day=20201111 Wed, 11 Nov 2020 00:00:00 +0100 Interview d'un coronavirus, avec Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS Wed Nov 11 13:34:36 2020 - coronavirus
https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-interview-coronavirus-franck-courchamp-directeur-recherche-cnrs-84003/#xtor%3DRSS-8


***Il est à la Une de tous les médias, fait naître des théories complotistes, interroge sur ses possibles mutations et son devenir... Microscopique, mille fois plus petit que les bactéries, le SARS-CoV-2 fait cependant parler de lui depuis des mois. Pour mieux l'expliquer, un chercheur s'est glissé dans la peau de ce coronavirus. Dialogue avec cet intrus qui menace notre santé et empiète sur notre liberté au quotidien.***

Depuis des mois, on ne parle que de lui... sans jamais cependant entendre son point de vue ! Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et titulaire de la Chaire Axa sur la biologie des invasions (Université Paris-Saclay), s'est glissé le temps d'une interview imaginaire dans la peau de ce coronavirus SARS-CoV-2 qui affole la planète. Au-delà de l'aspect ludique de cette « rencontre », c'est aussi une façon pour le scientifique de nous faire changer de perspective sur les enjeux de la pandémie et des enseignements qu'il serait heureux d'en tirer.

###Qui êtes-vous, coronavirus  ?

Je commencerais par dire, modestement, que je suis le King. Le roi. Après tout, corona en latin signifie « couronne », vous le reconnaissez donc vous-même en me donnant ce nom. Je suis un petit bijou de l'évolution, pourtant, je suis resté assez simple. Paradoxalement, cette simplicité est une source d'incompréhension pour vous. Vous avez déjà du mal à vous décider sur un point aussi basique que de savoir si je suis ou non vivant... À votre décharge, vous vous posez la même question pour tous mes autres confrères virus.

Personnellement, cela m'importe peu de savoir où vous me classez. Il est vrai que mon fonctionnement diffère sensiblement de celui des êtres vivants. Vous pouvez voir en moi une sorte de machine biologique microscopique. Mon programme est très simple : survivre et me reproduire pour perdurer d'une génération à l'autre. En cela, j'ai exactement le même objectif que toutes les espèces vivantes.

La différence est sûrement que je n'ai pour cela besoin que du strict minimum : je m'introduis dans les cellules de mon hôte, et j'y emprunte tout ce qu'il faut pour fonctionner. En détournant la machinerie des cellules que j'infecte, je fabrique des copies de moi-même, je me réplique autant que je peux. Mes semblables, des particules virales toutes neuves, sont ensuite relâchées partout autour, et partent à l'assaut d'autres cellules. Nous, les coronavirus, produisons 1.000 virus par cellule infectée, en à peine dix heures !

Et pourtant, je ne suis pas grand. Mon diamètre est de l’ordre de la centaine de nanomètres, soit un dix-millième de millimètre.

Je suis donc mille fois plus petit que les bactéries, elles-mêmes 10 à 100 fois plus petites qu'une cellule humaine. 50.000 milliards de fois plus petit qu'une goutte d'eau. À mon échelle, vos cellules sont bien plus grandes pour moi que ne le sont vos villes pour vous.

###Pourquoi infectez-vous les gens ?

C'est une question étrange. Les gens sont mon habitat, mon écosystème, et mes ressources. C'est comme si je vous demandais pourquoi vous vivez dans cette plaine ou sur cette montagne.

Cependant, contrairement à vous, je n'ai pas une vie facile de sédentaire. Je suis un nomade, car mon vaisseau (vous, ou les animaux que j'infecte) n'est pas immortel. Afin de me perpétuer, je dois donc sans cesse passer à un autre hôte avant que le premier ne disparaisse. Il faut reconnaître que parfois, nous y sommes un peu pour quelque chose : certains de nos hôtes ne supportent pas nos proliférations, qui peuvent avoir tendance à abîmer leurs organes. Mais il arrive aussi que nos hôtes soient victimes de la guerre que nous livre leur système immunitaire, qui finit parfois hors de contrôle.
Comment nous infectez-vous ?

En ce qui me concerne, mes moyens sont simples et vous avez déjà percé certains de mes secrets, comme celui qui consiste à voyager dans les gouttelettes de postillons, d'éternuement, et à rester sur les mains ou les objets manipulés par les gens qui ont touché leur salive ou leur morve.

Je peux caser 100 milliards de mes congénères par millilitre dans un crachat et je peux tenir 5 jours sur du plastique ou 7 jours sur un masque chirurgical. Je ne suis pas très sophistiqué, mais efficace. Comme tous les autres virus en fait. L'efficacité, ça nous connaît, nos adaptations n'ont pas de limites.

Prenons, par exemple, la difficulté majeure de la transmission à un autre hôte. Pourquoi croyez-vous que lorsque vous êtes infectés, vous éternuez ? Une fois contaminé, vous voilà transformé en puissant spray capable de nous transporter à plus de 50 km/h dans un nuage de dizaines de milliers de gouttelettes vers nos nouvelles victimes (ou dans vos mains, que vous mettez ensuite un peu partout).

Autre exemple : pas facile de bouger quand on n'a pas de pied. Heureusement, vous avez de la morve, et vous en produisez d'autant plus quand nous vous infectons, nous les virus respiratoires. Pas étonnant : c'est un moyen de transport bien pratique pour nous transmettre plus facilement... Certains autres virus choisissent des fluides différents, liquéfient vos selles et vous donnent la diarrhée. Résultat : une transmission de masse très efficace également... Aucun contact avec personne ? Qu'à cela ne tienne : nous pouvons nous loger dans vos fluides séminaux et nous transmettre lors des rapports sexuels. Vous pouvez vous isoler tant que vous voudrez, en tant qu'espèce, vous êtes bien obligés de passer par la reproduction à un moment ou à un autre...

Quant aux virus qui font changer les comportements pour permettre une transmission plus facile, comme la rage, qui désoriente et rend agressif, prêt à mordre, difficile de lutter contre ça, n'est-ce pas...

###Pourquoi vous, virus, en voulez-vous ainsi aux humains ?

Il ne faut pas être si nombriliste. Nous ne vous en voulons pas, nous n'éprouvons aucun sentiment, ni bon ni mauvais, envers vous. Vous êtes juste des vaisseaux de choix.

Car il faut dire qu'en tant qu'hôtes, les humains sont parfaits. Ils nous facilitent les choses à de nombreux points de vue. Déjà, ils vivent souvent dans des lieux très denses, et leur population globale est interconnectée. Ce qui nous donne à nous autres virus presque systématiquement accès à la totalité des hôtes disponible, d'un bout à l'autre de la planète !

En théorie, en moins d’une semaine, je peux créer des foyers d’infection sur tous les continents

Je l'ai bien démontré ces derniers mois : parti d'une région quelconque de Chine, j'ai très rapidement (et sans petites pattes), réussi à m'inviter sur tous les continents, et jusque dans les coins les plus reculés du globe. Les autres populations animales sont généralement fragmentées, ce qui limite notre potentiel de dispersion et nous cantonne à de petites régions. On y tourne un peu en rond. Mais avec les humains, c'est autre chose ! Plus une mer, plus une montagne ne nous arrête. Nous voyageons d'un hôte à l'autre par bateau, par avion : des perspectives sans frontières, sans limites ! En théorie, en moins d'une semaine, je peux créer des foyers d'infection sur tous les continents.

En outre, vous nous facilitez les choses : les êtres humains maintiennent une grande partie de leur population dans des conditions sanitaires assez déplorables, ce qui facilite grandement notre transmission. Sans parler des comportements de certains de vos dirigeants, qui n'ont soit pas la moralité soit pas l'intelligence d'agir avec responsabilité. Tout cela crée pour nous des opportunités incroyables dans certains coins du monde, où l'épidémie est officiellement minimisée pour ne pas avoir à être contrôlée...

###Mais, à la base, vous n’infectiez pas les humains…

Effectivement, j'étais à l’origine inféodé à d’autres espèces animales. Mais pour toutes les raisons que je viens d'expliquer, nous, les virus qui infectons d’autres animaux que l'être humain, avons de quoi être jaloux de ceux qui ont su s'adapter à un tel hôte ! Toutefois, à force de nous copier et nous recopier au sein des cellules que nous infectons, il se trouve que de temps à autre, une de nos répliques mute, et devient légèrement différente des autres. Et, de temps en temps, un de ces mutants tire le gros lot : sa mutation le rend capable de survivre dans - et de se transmettre via - d'autres animaux que ceux que ses congénères infectent habituellement. Cette nouvelle souche de virus est alors prête à changer d'hôte.

Mais cette situation est très rare. D'autant plus rare qu'il ne s'agit pas seulement d'acquérir la capacité à infecter une nouvelle espèce animale : encore faut-il en être assez proche pour pouvoir l'infecter ! La probabilité que ces événements coïncident est assez infime, mais deux facteurs jouent pour nous.

D'une part, nous sommes très, très nombreux. Vous êtes environ 5.000 espèces de mammifères ? Nous avons environ 320.000 virus différents infectant les mammifères ! Une bien belle panoplie de possibilités, puisque plus il y a de virus, plus il y a de mutations.

D'autre part, vous les humains nous facilitez la chose en multipliant les contacts avec les autres espèces, et donc les chances que l'on a de vous rencontrer, et de passer chez vous. Entre toutes ces incursions brutales que vous effectuez dans les territoires fragilisés d'espèces déjà stressées par la chasse, le manque d'habitat et de ressources, la pollution ou le climat, et toutes les espèces sauvages que vous chassez, encagez, entassez sur vos marchés, mangez plus ou moins bien cuites, à raison de millions de tonnes par an, les opportunités de vous infecter sont de plus en plus fréquentes. C'est ainsi que le VIH, le SRAS, l'Ebola, le Zika ou le MERS sont passés chez vous ces dernières années.

On peut d'ailleurs ajouter que lorsqu'un virus ne tombe pas sur l'humain, mais sur une de ses espèces domestiques, le résultat est assez similaire. Lorsque vous grignotez le territoire des chauves-souris et installez aux pieds de leurs habitats dévastés des élevages intensifs de porcs, vous augmentez les chances qu'un virus de chauve-souris (au hasard, le Nipah) passe au porc lorsque celui-ci entre en contact avec leur salive ou leurs déjections (dans lesquels les virus sont présents). Comme ces porcs vivent en très grande densité et en conditions sanitaires appauvries, les chances de transmissions augmentent et rien ne nous arrête.

Imaginez des hôtes côte à côte, à perte de vue, affaiblis, stressés, vivants dans leurs déjections et parmi les cadavres déjà tombés, pour un virus, c'est buffet à volonté ! C'est ainsi que les copains de la grippe aviaire H5N1 et de la grippe porcine ont pris d'assaut les élevages de volailles et de porcs il y a quelques années. Ces concentrations d'hôtes en mauvaise santé mènent à des concentrations extraordinaires de virus. Cela augmente nos chances de passer ensuite de l'animal domestique à l'humain. Comme le Nipah (qui entraîne de 40 à 75 % de mortalité chez vous), ou le H5N1.

Et comme je l'ai dit plus haut, la difficulté (toute relative maintenant) est d'infecter le premier humain. Après, votre système de mondialisation fait le reste. À croire que vous avez créé tout cela pour la libre circulation des virus ! Donc, merci beaucoup, thank you very much, danke schöne, 衷心感谢, muchas gracias, большое спасибо, etc.

###Avez-vous conscience du mal que vous faites ?

Nous ne vous voulons pas plus de mal qu'un mouton ne voudrait du mal à une touffe d'herbe. Si l'on avait le choix, évidemment on préférerait que nos humains infectés ne meurent jamais et continuent à nous abriter indéfiniment. Ça nous faciliterait grandement la vie, croyez-moi. Mais leur caractère mortel nous pousse parfois à nous répliquer rapidement pour pouvoir infecter un autre humain avant que le premier ne meure. Cette réplication intense crée des symptômes qui leur sont parfois nocifs, voire fatals. Un des problèmes est que si nous restons tranquilles et faisons profil bas, nos faibles effectifs de départ risquent d'être rapidement submergés par vos défenses immunitaires, si nous ne parvenons pas à nous cacher assez bien dans votre corps. Entre survivre sans trop nuire et être éliminé, l'équilibre n'est pas facile à trouver !

Quoi qu'il en soit, nous les virus et les espèces que nous infectons sommes la plupart du temps liés par des centaines de milliers d'années de coévolution, si bien qu'au final nous sommes généralement bien « adaptés » les uns aux autres, avec dans la grande majorité des cas, peu de dégâts d'un côté ou de l'autre.

Surtout, il ne faut pas oublier que nous autres virus jouons un rôle régulateur important sur les populations des autres êtres vivants (des micro-organismes aux plantes en passant par les animaux). Si nous disparaissions tous du jour au lendemain, il est possible que celles-ci finiraient par être en surpopulation, risquant de mourir de faim après avoir tellement augmenté qu'elles en épuiseraient leurs ressources... D'ailleurs, on dit que nous sommes d'une importance majeure pour l'écologie et l’évolution du monde vivant.

Et puis, nombre de virus sont bénéfiques pour vous, par exemple parce qu'ils tuent des bactéries que vous n'appréciez pas non plus vraiment. Certains envisagent même de les utiliser pour suppléer aux antibiotiques ! Par ailleurs, n'oublions pas que les virus peuvent avoir un effet qu'on pourrait qualifier de « neutre ». Chez l'humain, toujours, puisqu'il n'y a que cela qui vous intéresse, on recense environ 5.000 virus différents, mais moins de 3 % d'entre eux provoquent une maladie, autrement dit sont « pathogènes ». Ce n'est finalement pas tant que ça...

Enfin, il y a tous les virus qui s'intéressent tellement peu à vous que vous ne vous y intéressez pas non plus. Présents dans le sol, en suspension dans l'air, flottant dans l'eau, ils infectent les plantes, les insectes ou les étoiles de mer... On trouve par exemple un million de virus en suspension dans un litre d'eau de mer. En fait, il y a tellement de virus en suspension dans les océans que, mis bout à bout et malgré leur taille ridiculement minuscule, la longueur obtenue représenterait une distance dépassant les galaxies voisines de la nôtre.

Encore une fois, les virus sont partout, même si vous ne les voyez pas... Et parfois, ils sont sous vos yeux, et vous ne les reconnaissez pas, comme ces extraordinaires virus géants, plus gros que certaines bactéries, avec qui on les a initialement confondus...
D’ailleurs, d’où venez-vous, vous autres virus ?

J'imagine que vous voulez dire de quand venons-nous ? En fait, nous avons toujours été là. En tout cas depuis que les humains existent, et même bien avant vos premiers ancêtres animaux. Certains disent que nous sommes plus anciens que les bactéries les plus anciennes.

Déjà présents à l'origine du vivant, nous avons joué un rôle essentiel dans l'évolution, notamment en permettant des transferts de gènes non pas d'une génération à l'autre, mais bien entre les espèces. Nous sommes tellement anciens que certains d'entre nous se sont intégrés dans vos génomes ici et là, pour finalement faire partie intégrante de vous.

Au total, pas loin de 10 % de votre génome est de l'ADN de virus assimilé dans vos chromosomes. Et de tous ces nouveaux gènes que nous vous avons offerts, certains sont importants, voire essentiels. Chez les mammifères par exemple, l'embryon n'est accepté par le système immunitaire de la mère malgré son caractère étranger (c'est un hybride entre le père et la mère), que par l'existence du placenta, dont l'origine est due à un virus intégré dans votre génome. Alors, merci qui ?

###Et vous-même, d’où venez-vous, coronavirus SARS-CoV-2 ?

Quelle espèce mes ancêtres infectaient avant de passer chez vous ? Je ne le sais pas. Mais chauve-souris, pangolin, singe, ou autre, qu'importe ? Que feriez-vous si vous le découvriez ? Vous arrêteriez de braconner et dévorer cette espèce ? Vous l'extermineriez ? Feriez-vous pareil pour toutes les espèces dont vous risqueriez d'attraper les virus ? Impossible évidemment, il s'agirait de pratiquement tous les animaux...

Et pourquoi cherchez-vous des coupables quand ils sont tout désignés ? Les coupables ne sont-ils pas plutôt ceux qui « vont chercher » les virus en perturbant des systèmes virus-animal relativement hermétiques depuis des millions d'années ? Si vous vous faites griffer par un chat que vous embêtez, vous allez éliminer tous les chats ? Ne devriez-vous pas plutôt apprendre à cesser de leur tirer la queue ?

###Comment se débarrasser de vous ?

En théorie c'est assez simple. Il suffit de concevoir les épidémies comme des incendies de forêt. L'un et l'autre sont des phénomènes naturels, mais lorsque vous jouez avec les lois de la nature, ils peuvent devenir hors de contrôle.

Les incendies sont, par exemple, favorisés par une accumulation de conditions favorables (comme du bois mort qui s'entasse). Après une flambée rapide, ils disparaissent généralement : soit parce qu'ils arrivent dans des zones où les arbres sont trop éloignés pour que les flammes passent de l'un à l'autre (l'équivalent de votre distanciation sociale), soit parce qu'ils arrivent dans des zones où les espèces d'arbres sont moins inflammables (ils sont immunisés contre le feu).

Dans le cas des épidémies naturelles, la situation est relativement similaire. Elles émergent puis se propagent jusqu'à ce que la contagion soit freinée parce que la plupart des infectés échouent à contaminer d'autres personnes. Cela peut être dû au fait qu'ils n'en rencontrent plus (à cause de la mise en place de mesures de distanciation sociale, de quarantaine...), ou parce que ceux qu'ils rencontrent sont immunisés (immunité acquise lors d'une infection passée, ou grâce à la vaccination). Si le rythme des infections diminue, alors l'épidémie s'atténue, jusqu'à disparaître.
La question importante est donc plutôt de savoir comment ne pas attraper le prochain de vos congénères virus ?

Effectivement, car il ne s'agit pas de savoir « si » un nouveau virus dangereux pour l'être humain émergera à partir d'une autre espèce, mais « quand ».

Serez-vous prêts ? Mieux vaut être capable de répondre rapidement, car les épidémies venant d'animaux sauvages se multiplient depuis quelques années, et vos sociétés ont déjà goûté à mes cousins virus sur plusieurs continents... Nous les virus émergents avons tué des millions des vôtres, frappant parfois vos congénères au hasard, ou nous attaquant à des catégories très ciblées (comme ici les plus vulnérables physiquement). Nous avons mis à mal vos systèmes économiques et politiques, nous vous avons enfermés chez vous, terrorisés, avons fait naître les théories complotistes les plus absurdes... Qu'en avez-vous retenu ?

###Et vous, que nous réservez-vous dans le futur ?

Je serais bien en peine de vous le dire : moi et ma prolifique descendance nous allons au hasard des infections et des mutations.

Si vous survivez à mon passage dans votre organisme, serez-vous immunisés contre mon retour, une fois guéris ? Je ne sais pas, et ce n'est pas mon problème. Serez-vous capables de me maintenir à distance à coups de masques et de distanciation physique lors de la seconde vague hivernale ? Nous allons le découvrir ensemble.

Une chose est sûre : je ne resterai pas absolument identique d'une année sur l'autre. Rappelez-vous, nous les virus, nous mutons. Et si nous sommes très nombreux - comme, par exemple, quand des millions d'humains sont infectés, ce qui est le cas actuellement - alors ces mutations sont plus nombreuses aussi.


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